Silence et chaos
IN THE BEGINNING GOD CREATED HEAVEN AND EARTH
Salvador Dali _ Die heilige Bibel (1964-1967)
Boire le silence comme une liqueur de néant puis le vomir après une indigeste introspection humaine. Il est facile d’aimer le bruit, de s’en satisfaire, mais le silence fait peur à notre triste solitude, à notre imparfaite nature. Le silence métaphore à la fois de la naissance à venir, de la mort dépassée. Le silence n’existe pas. Rien dans l'univers n’est silence, pas plus le bourdonnement des électrons autours des noyaux de l’atome, que la respiration des corps après le coït. Même le trou noir de toute l’insignifiance de nos vies réunis est plus bruyant que le braillement du chèvrefeuille au levé du jour…
Après le chaos… vient le repos, enfin l’heure de boire un verre pour fêter la fin du silence, de l’âme, des corps et de l’ignoble perfection à laquelle tout homme croit parvenir à force d’abnégation mentale… Le chaos comme un bouillonnement créatif de la nature et de ses multiples diverticules y compris l’espèce humaine… Le chaos ultime ascension de notre civilisation ; le chaos tel le paradis de la matière là où quarks et leptons sont à l’unissons… Le chaos touche finale au tableau et après la page blanche, la récurrence du rêve d’absolu, de l’immortalité… les germes de la prochaine déchéance……………
Maxime W
